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Aimant la nature, la randonnée la philosophie et les récits de voyages, je vous livre ici des extraits, parfois commentés, de livres que j'ai aimés, en rapport, et si possible à l'intersection, de ces différents sujets.

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Un lieu où nous aurions aimé vivre

Premier extrait du livre "Voyage en Écosse, Journal et poèmes" de Dorothy et William Wordsworth.

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Bientôt, nous tombâmes sur un endroit qui correspondait exactement à ce que nous voulions voir. La route était proche de l'eau, et une colline, dénudée, rocheuse ou parsemée de taillis, s'élevait au-dessus d'elle. Une ombre profonde flottait sur la route, où de petits garçons s'amusaient ; nous nous attendions à une quelconque habitation ; et, en nous approchant, vîmes trois ou quatre chaumières sous les arbres, et pensâmes instantanément que c'était un paradis.

 

Nous n'avions jusqu'alors vu le lac que comme une large nappe d'eau ; mais, à cet endroit, la partie que nous en voyions était limitée en face par une île élevée et escarpée, couverte de bruyère et de bois, qui ne semblait pas être une île, mais le rivage principal, et circonscrivait un petit lac oblong, apparemment moins large que Rydale-Water, qui contenait une petite île couverte d'arbres, ressemblant à certains des îlots les plus beaux du Windermere, et était seulement séparée du rivage par la largeur d'une étroite rivière.

 

C'était un lieu où nous aurions aimé vivre, et le seul que nous eussions vu près du Loch Lomond. Quel délice que d'avoir un petit abri caché sous les branches de cette île féerique ! Les cottages et l'île semblaient chacun avoir été fait pour le plaisir de l'autre. Cette île était presque comme un jardin naturel. (...)

 

Nous étions peu désireux de quitter cet endroit charmant ; mais il était d'une si grande simplicité, et donc si facile à garder en mémoire, qu'il semblait presque que nous aurions pu l'emporter avec nous. Ce n'était rien d'autre qu'un petit lac cerné par des arbres, aux extrémités et sur les côtés, et, en face, par l'île, une berge escarpée où la bruyère pourpre poussait sous des taillis de petits chênes, un groupe de maisons ombragées par des arbres, et une route dessinant une courbe.

 

Il y avait un arbre étonnant, un vieux mélèze aux branches velues, qui projetait son tronc principal à l'horizontal, en travers de la route, un objet qui semblait avoir été élu pour subir toutes les attaques dans un endroit où, à part lui, tout était charmant et florissant, et qui devait sa forme aux tortures infligées par les orages, alors qu'on aurait pu penser qu'ils n'étaient pas en mesure de l'atteindre dans ce lieu protégé.

Dorothy et William Wordsworth, Voyage en Écosse, Éditions ENS, 2002, pp. 72-73.

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