Aimant la nature, la randonnée la philosophie et les récits de voyages, je vous livre ici des extraits, parfois commentés, de livres que j'ai aimés, en rapport, et si possible à l'intersection, de ces différents sujets.
Lorsque j'étais étudiante, deux États me séparaient de ma famille dans le Kentucky. Un week-end, j'ai étudié la carte et trouvé un nouvel itinéraire. Une fois emprunté, il s'est révélé plus rapide et quand je suis rentrée à la maison, j'ai fièrement averti toute la famille du véritable génie carthographique qui m'avait fait gagner trente-sept minutes.
"Trente-sept minutes, dit mon grand-père, songeur. Et tu viens d'en perdre quinze pour nous en faire part. Tu as prévu quoi pour les vingt-deux qui restent ? "
Bonne question. Je suis toujours incapable d'y répondre lorsque la religion du gain de temps me fait sauter un repas, une corvée, ou mettre tout le monde à la porte pour une durée indéterminée. Cette hâte masque une vérité, à savoir que la vie est une équation zéro. Chaque instant gagné sera consacré à autre chose, probablement aussi quelconque que le fait de fixer le pilastre en cherchant à comprendre pourquoi on a monté l'escalier quatre à quatre. En revanche, accomplir la tâche qui attend, même la plus anodine, plutôt que de la reporter à un moment qu'il faudra bien finir par déterminer, participe de l'harmonie d'une journée.
J'ai un ami cultivateur qui serait à coup sûr de l'avis de mon grand-père en ce qui concerne les économies de temps. Il se sert de chevaux de labour plutôt que d'un tracteur. Ça ne prend pas un siècle de labourer un champ avec une charrue tirée par un cheval ? La réponse, dit-il, est si. L'éternité, voilà le bon état d'esprit. "Quand je suis là-bas à cultiver le maïs avec une bonne équipe, dans le calme de l'après-midi, à regarder les oiseaux dans les haies, oh ! là, là, ! Je pourrais faire ça toute la journée. Les gosses de la ville viennent ici et me demandent : "Qu'est-ce que vous avez comme distraction dans le coin ?" Je leur réponds : "Je cultive mon champ."