Aimant la nature, la randonnée la philosophie et les récits de voyages, je vous livre ici des extraits, parfois commentés, de livres que j'ai aimés, en rapport, et si possible à l'intersection, de ces différents sujets.
Le premier quartier de lune s'est levé, le ciel vibre d'étoiles. J'enfonce une branche de créosote dans le feu. Mon vieil Ed s'est battu contre la mort, ou plutôt il a vécu avec elle bien plus longtemps que je le pensais. "Se battre" n'est pas le terme qui convient. Tous, nous réussirons fort bien notre mort bien que nous n'y soyons pas préparés. Ma propre mortalité a cessé de toquer à ma porte, même si je sais qu'elle est là, tapie derrière mon feu de camp, aux aguets. Mais la mort n'est rien, ce qui nous retient ici-bas, c'est la vie, l'amour, l'activité ininterrompue du monde, la joie.
Suite du journal d'Abbey :
4 avril
La plupart des hommes craignent la mort et lui résistent, ils inventent des consolations vaines et pathétiques pour se montrer plus malin qu'elle. Mais il est possible d'accepter l'idée de sa propre mort sans pour autant se jetter dans ses bras, en voyant dans la mort un aspect essentiel, intrinsèque, naturel du grand cycle de la vie.
Je glisse un dernier rameau d'ostryer dans le feu et m'assoupis en contemplant la lumière vacillante.
Doug Peacock, Une guerre dans la tête, Gallmeister, 2008, pp. 216-217